E-commerce, ce qui séduit les Français

Ils sont toujours plus nombreux à faire leurs achats en ligne, rien que l’année dernière, 57% des ménages ont passé commande sur un site de e-commerce.  Simplicité, choix, accessibilité, toutes les raisons sont bonnes. De quoi détourner les consommateurs du circuit de distribution traditionnel ?

Les Français, peuple 2.0 ? «C’est pratique et souvent moins cher», Léo un étudiant en droit de 27 ans ne manque pas de raisons pour faire ses achats en ligne. «J’ai du m’y mettre il y a 3-4 ans et depuis je commande beaucoup sur internet» explique-t-il. Et il est loin d’être le seul :  selon la Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance (Fevad), 56% des ménages Français ont acheté quelque chose sur Internet en 2010. Certes, l’hexagone est encore loin derrière la Suède ou les Pays-Bas où respectivement 66% et 67% de la population avait fait au moins un achat sur un site de e-commerce en 2010. Mais comparé à un pays comme l’Espagne où les chiffres tombent à seulement 15% notre pays semble bien s’en tirer. D’ailleurs, entre 2006 et 2011, le montant des achats en ligne a presque triplé.

Accès sécurisé. Prix bas, possibilité de commander de chez soi, plus large choix de produits, les raisons pour les Français de passer le pas de la porte numérique ne manquent pas. L’une des raisons du succès du e-commerce ? Le taux d’équipement des ménages Français en constante augmentation. Nathalie Laîné, responsable de la communication de la Fevad pointe les efforts fait par le gouvernement avec «le tarif social mis en place par Eric Besson». Mais si l’accès à internet est une condition à l’achat en ligne, l’un n’engage pas obligatoirement à l’autre. En France 74% des ménages ont accès à internet pour seulement 57% qui achètent en ligne.

Les boutiques en ligne ont encore de la marge. Certains, comme Morgane, une étudiante de 21 ans, se montrent dubitatifs et pointent les limites du e-commerce. «Je ne trouve pas ça si pratique que ça» explique-t-elle «et puis j’ai l’impression qu’il y a toujours un risque». Et cela même si les statistiques lui disent le contraire. La Fevad a depuis longtemps compris ces idées reçues et cherche à les gommer. «La sécurité lors de l’achat en ligne est notre point de départ» insiste Nathalie Laîné «tout est fait pour que le consommateur soit à l’aise lors de son achat».

Boutiques. Si la sécurité est la base, elle ne suffit pas à expliquer l’engouement des Français pour Internet. Pour Antonin Chartier, co-fondateur de Jimmy Fairly, l’entreprise doit offrir plus que son équivalent dans la vraie vie. Parti du constat que les opticiens se faisaient une marge énorme sur les lunettes, le parisien a lancé il y a deux ans un opticien en ligne avec des montures «pas chères, originales et de bonne qualité».  Selon lui «un site de e-commerce doit absolument apporter du neuf et en faire plus qu’un magasin».

Chez Jimmy Fairly on propose aux clients des essais gratuits par la poste et un service client en or. De quoi compenser l’absence d’un réseau de boutique. Même si pour Antonin Chartier, les boutiques web peuvent difficilement se passer d’une présence physique. Jimmy Fairly  possède une boutique dans Paris et prévoit d’en ouvrir une autre rapidement. «Dans les 10 sites les plus visités il n’y a que 3 pure players, ce n’est pas un hasard» souligne-t-il.  Même son de cloche chez la Fevad : «Les deux canaux de ventes sont complémentaires» indique Nathalie Laîné «d’ailleurs la plupart des pure-players sont en train d’ouvrir des boutiques».

Consommateurs acteurs. Le modèle de vente traditionnel aurait-t-il finalement du bon ? Loin de le copier, internet réuni en fait le meilleur des deux modèles.  Le web transforme les consommateurs en acteurs. «Les gens repèrent leurs articles sur internet et vont l’acheter en boutique et vice-versa» analyse Nathalie Laîné. Léo confirme «j’utilise internet pour repérer le prix des billets de spectacles et je compare avec le prix en boutique». Les grandes chaînes l’ont d’ailleurs bien compris et ce n’est pas un mystère si la Fnac fait partie du trio de tête des sites de e-commerce les plus visités.

Le choix offert à chacun est démultiplié. «Je n’achète pas grand chose sur Internet à une exception prête, les billets de trains et d’avions» indique Morgane «le choix est plus clair et simplifié». Le web ne risque de toute façon pas de détrôner le circuit traditionnel de sitôt. «Je ne ferai jamais mes courses en ligne» indique Morgane «pour le reste, ça dépendra mais ça doit être simple».  Comptant pour seulement 5% des achats effectués en 2011, la marge de progression du e-commerce est immense.

Fabien Jannic

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