À Paris, une soupe pas si populaire que ça

Reportage rue Santeuil où le centre social de la Mairie de Paris ne désemplit pas. Avec la crise, de plus en plus de jeunes et de salariés sont touchés viennent chercher de quoi se nourrir parce qu’ils ne peuvent plus s’alimenter correctement.


Deux jeunes hommes d’origine asiatiques en doudounes dorées passent les deux portes battantes. Riant et discutant en japonais, ils rejoignent, insouciants, la file qui se crée à l’intérieur du bâtiment. A les regarder, on pourrait croire à la queue pour un concert de musique pop. Pourtant, la file qui s’allonge est bel et bien celle de la soupe populaire de Paris, située rue Santeuil dans le 5ème arrondissement. Surprenant ? Ils ne sont pourtant pas les seuls jeunes à venir chercher des rations alimentaires. Devant-eux patiente une jeune fille aux vêtements fatigués et à la chevelure blonde tirée. Jetant des regards à la cantonade elle s’impatiente, triturant son petit ticket bleu.

25_Soupe-populaire
Thomas DARAM from flickr

Seuil de pauvreté. Une petite foule compacte patientait déjà dehors dès 17h30, l’heure de l’ouverture du centre. Un vieux monsieur bien habillé fume une cigarette à côté d’un homme au regard méfiant. En ces temps de crises économique, ce ne sont plus seulement les sans-abris qui se retrouvent ici. Des sans-papiers et des sans-abris, mais aussi des chômeurs et des salariés. En 2009 près de 14% de la population se situait sous le seuil de pauvreté selon l’INSEE. Une situation qui alarme les associations d’aides au plus démunis. Celles-ci craignent que de plus en plus de personnes se retrouvent en difficulté avec les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement.

Mardi dernier, le Secours Catholique à lancé une campagne de don axée sur les jeunes majeurs. L’association a constaté qu’ils sont de plus en plus a venir frapper à sa porte. «Être jeune, c’est souvent multiplier les handicaps» indique l’organisme sur son site internet «les jeunes n’ont aucune aide, aucun droits. Toutes les conditions sont réunies pour que ça s’aggrave». Toujours selon l’INSEE, en 2009, près d’un quart des 18-24 ans vivaient sous le seuil de pauvreté. Une situation qui n’a cessée de se détériorer ces dernières années d’après les associations d’aide aux personnes.

Coupon. Quand les portes de la soupe populaire ouvrent enfin, c’est sans empressement que la quinzaine de personnes présentes pénètrent dans le bâtiment vétuste. Pendant l’heure qui suivent des dizaines de personnes vont se succéder. La plupart sont détentrices d’un coupon, rose ou bleu, qui fait office de seule preuve que ce n’est pas leur premier passage. Trop dignes pour parler de leur situation, la plupart préfère regarder dans le vide. Plus q’une volée de marches à monter pour rentrer dans la cafétéria. Le chemin s’arrête là pour ceux qui ne sont pas venus manger.

Fabien Jannic

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