Métro, Boulot, Disco

Scène de la vie quotidienne dans les couloirs du métropolitain Parisien. Des passagers qui attendent sur un quai, et soudain, la lumière s’éteint…

Boooring

anw.fr from flickr

Assise sur une chaise rouge, une dame plutôt âgée lance des regards inquiets à la cantonade. Un jeune homme à la peau mate vient de passer devant elle. À sa droite un quinquagénaire lit Le Monde avec une moue blasée. Rien que de plus normal sur le quai d’une station de métro parisienne. « Direction Porte de la Chapelle, prochain train dans six minutes » annonce l’habituelle voie enjouée de la RATP.

Les impatients râlent un peu, mais ils sont vite arrêtés par un bruit sourd qui  sort d’on ne sait trop où. Fort et strident, celui-ci fait trembler les murs de la station. Certains se bouchent les oreilles, d’autres lèvent les yeux vers le plafond en quête d’une explication. Le bruit s’arrête, pour reprendre de plus belle quelques secondes plus tard. Ceux qui ont trop regardé de films de science-fiction s’interrogent : « une taupe géante génétiquement modifiée va-t-elle débarquer dans la station ? Devons-nous nous préparer à courir pour échapper à des trombes d’eau ou à une déflagration ? ».

Pendant encore une minute, chacun est laissé avec ses suppositions. La vieille dame s’est levée, prête à remonter les escaliers et retourner à l’air libre au moindre signe de danger. Sans prévenir, les lumières s’éteignent et le bruit se tais. Sur le quai, tout les passagers retiennent leur souffle.  Et puis soudain, les lumières se rallument et chanson Dancing Queen du groupe Abba se fait entendre. En version déformée par les hauts-parleurs du métro, mais audible quand même. Échange de regards éberlués entre les passagers. Un jeune homme se met à taper du pied, bientôt rejoint par un vieil homme en costume.

« Prochain train dans une minute » prévient le haut-parleur, mais personne n’y prête attention. Ils sont trois à danser sur le quai, les spectateurs échangent des sourires  Encore 30 secondes et le métro rugit au loin. Le charme est rompu. Les rames se remplissent et le train repart, laissant le quai vide. La musique, elle, ne s’est pas arrêtée.

Fabien Jannic

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