«L’Europe à encore beaucoup à apprendre au Brésil»

Julianna Villa Verde est une étudiante brésilienne de 19 ans qui vient de passer deux mois en France. En ces temps de crise économique elle revient sur son expérience dans la capitale, et sur ce qui fait encore rêver en France.

Fabien Jannic : D’où viens tu ?
Julianna Villa Verde : Je viens de Curitiba, une ville du sud du Brésil riche et moderne. Je suis étudiante en relations internationales et en lettres Françaises. C’est d’ailleurs l’une des raisons de ma venue en France, parce que pour un étudiant au Brésil c’est bien de parler parler Français.

Pourquoi avoir choisi de venir en France ?
Au Brésil, si je suis capable de parler Français et si j’ai une expérience à l’étranger, alors j’ai beaucoup plus de chance d’obtenir un bon job. Et puis j’aime beaucoup la littérature française et je suis vraiment intéressée par le pays. Mais mon voyage en France n’est pas que professionnel, c’est avant tout quelque chose que je voulais faire pour moi même.

Quand a débuté ton intérêt pour la France ?
Mon intérêt pour le français a commencé lors d’un séjour en Italie. À ce moment là je voyais encore l’Europe comme quelque chose de parfait. J’étais très jeune et j’ai commencer à rêver à faire des études dans l’Hexagone.

A quoi t’attendais-tu avant d’arriver à Paris ?
J’était déjà venue il y a 5 ans. Et depuis j’ai été obsédée par la ville, les gens m’ont paru beaux et organisés. J’étais impressionnée de voir tout fonctionner correctement au contraire du Brésil. J’avais cette idée que Paris était moderne, et qu’il y avait tout. Et c’est le cas, mais depuis que je suis ici je peux aussi voir les mauvais côtés. Ce n’est pas simple de vivre ici.

En quoi es-tu déçue par la France ?
Je suis déçue par le fait qu’il faut avoir de l’argent. Sinon il faut travailler énormément et du coup on a pas le temps d’en profiter. Tout est tellement cher ici. Ce n’est vraiment pas simple de louer un appartement quand l’on est étudiant. Paris est très capitaliste et il faut travailler dur pour y vivre.

 Tu penses toujours que tout fonctionne ici ?
Non, vous avez aussi des problèmes. Il y a des SDF, quand je suis venu la première fois je n’en avais pas vu autant. Ça me rappelle ma ville au Brésil.  Et puis je trouve les Parisiens très durs. Heureusement que Paris est pleine d’immigrants, parce que s’il y avait juste des parisiens je n’aurais pas d’amis. Je ne les trouve pas fermés mais un peu étranges et inaccessibles. Au fond, c’est surtout à cause du travail que je suis limitée, ce n’est pas directement lié à Paris.

Es-tu quand même heureuse d’avoir passé deux mois à Paris ?
Oui, Paris a tellement à donner d’un point de vue culturel. Je ne suis pas déçue de ce côté la. Certes, il y a tellement de touristes que parfois c’est un peu frustrant. Deux mois ne sont pas assez pour voir la partie française. Cette partie là est incroyable. J’espère que je reviendrais.

On pourrait se demander d’ou vient ton envie de venir ici, alors que le Brésil est vu par beaucoup comme un pays plein d’avenir.
Certes le Brésil est un grand pays et l’économie se porte bien. On est fier, mais ce n’est pas assez pour nous, l’Europe à encore beaucoup à nous apprendre, particulièrement au travers de son histoire. Nous sommes tellement jeunes, nous n’avons pas fini de grandir. Au Brésil, il n’y a pas de garanties de l’emploi ou d’aides pour les étudiants. Ici je suis quand même surprise que tout fonctionne aussi bien.

 Que penses-tu de l’Union Européenne ?
L’Amérique du Sud à beaucoup à en apprendre. Au niveau économique, c’est ce que nous essayons de faire avec le MERCOSUR. En Amérique du Sud, nous avons beaucoup de points communs, mais culturellement c’est plus compliqué qu’en Europe. Surtout au Brésil, vu que nous sommes les seuls à parler portugais sur le continent. Nous partageons la même histoire mais nous ne sommes pas unis et très compétitifs

Les transports publics, France ou Brésil ?
La France, parce que vous avez des trains ! On en a pas au Brésil et nos autoroutes sont horribles et dangereuses. Et dans les villes c’est pire. Je suis chanceuse parce que ça fonctionne chez moi mais ce n’est pas le cas partout.

La météo ?
Aussi en France, parce qu’il y a de tout ici. Du chaud, des plages et du froid quand vous êtes fatigués de la chaleur. Au Brésil tout est beaucoup trop humide.

Les habitants ?
Brésil ! La chaleur des gens me manque. Là-bas, les gens sont intéressés et veulent vous connaitre. Les Français sont gentils, mais il faut du temps pour les connaitre.

La mode ?
En France, avec les soldes tout est vraiment accessible. On peu très bien s’habiller pour pas cher.

Nicolas Sarkozy ou Dilma Rousseff, la présidente du Brésil ?
Sans hésitation, ma présidente. Elle travaille bien, je suis satisfaite, elle a de bons projets. Sarkozy est vieux jeux et ne sait pas comment se comporter avec les autres pays.

Fabien Jannic

En attendant le Petit Journal…

Depuis la rentrée l’émission d’infotainment de Canal + s’est émancipée du Grand Journal, sans convaincre de la validité de son nouveau format. Immersion avec  les spectateurs d’un soir et récit d’un bref moment télé. Et de beaucoup d’attente. 

 «Merci d’être venus, on espère vous revoir bientôt.» Un sticker en cadeau et voilà, le Petit Journal de Canal + est déjà terminé. «C’était très court» remarque un spectateur en passant la porte de sortie. Enregistrée dans les conditions du direct quelques heures avant sa diffusion, l’émission dure seulement 20 minutes. Entre temps il y a eu de l’attente, beaucoup d’attente.

 Fraise Tagada. Le rendez-vous était pris avec certain Baptiste pour 17h15. À peine arrivé dans les studios de la chaîne cryptée situés dans le 15ème arrondissement de Paris, il faut se placer au bout d’une file. Certains habitués jouent les blasés en expliquant aux petits nouveaux «Que non, cette queue là c’est celle du Petit Journal, pas du Grand». 30 minutes plus tard, les derniers arrivés pénètrent enfin dans un couloir anonyme. Après un contrôle d’identité obligatoire «parce que nous sommes dans les locaux du Ministère de la Justice», c’est l’heure de se délester des manteaux, sacs et autres téléphones au vestiaire.

Un escalier, un couloir dont les murs sont remplis de câbles et enfin c’est le plateau. Et puis non, il s’agit juste d’une sorte de salle sans fenêtre dans laquelle piétinent les spectateurs. Une stagiaire sert des verres de coca cola chaud dans le fond, pendant que deux quinquagénaires se battent pour savoir qui aura la dernière fraise Tagada. Le monde de la télé est impitoyable. Dix minutes passent, les plus impatients se pressent près de la porte, le reste jauge la compétition. Tout ceux qui sont familiers du Petit Journal, le must est d’être placés derrière Yann Barthès, l’animateur. Sur la centaine de personnes présentent, seuls 20 chanceux pourront s’admirer à loisir sur le site internet de la chaîne cryptée.

Gradins. «Mesdames et Messieurs, vous allez pouvoir pénétrer sur le plateau». Tous se pressent vers la sortie pour retourner vers le couloir. Certains sont déçus, «C’est quand même beaucoup plus petit en vrai» soupire un jeune homme. Deux assistants sont postés à l’entrée et trient les participants. Derrière Yann Barthès et encadrés par deux énormes globes terrestres rouges, seulement des moins de 25 ans et presque uniquement des filles. Vieillards, hommes et femmes de plus de 30 ans, personnes en surpoids, tout le monde est logé à la même enseigne : les gradins. A la clef, inconfort et certitude de ne pas passer plus d’une seconde à l’écran. Certains rouspètent : «C’est injuste, j’avais pourtant mis ma plus belle chemise ». «On sourit !» crie le chauffeur de salle. Bienvenue dans le merveilleux monde de la télévision.

 «Trois ! Deux ! À toi Yann !». C’est parti pour 20 minutes d’émission. Depuis que le Petit Journal s’est séparé du Grand Journal en début d’année les critiques sont acides. Sketches ratés, reportages bâclés… Et le programme du soir ne déroge pas à la règle ; François Hollande en déplacement dans les Antilles et une séquence détective à la recherche du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. Là encore, le temps est long; des gradins, il est impossible de voir l’écran. Dommage. Yann Barthès à juste le temps de faire un signe de la main au public et il faut déjà vider le plateau. Les spectateurs repartent avec l’impression d’avoir perdu deux heures de leur vie. «Tout ça pour ça» résume une femme en jetant son sitcker dans une poubelle.

Fabien Jannic

Top 10 des meilleurs albums de 2011

1. Friendly Fires – Pala
2. Metronomy – The English Riviera
3. Lykke Li – Wounded Rhymes
4. Cut Copy – Zonoscope
5. Yelle – Safari Disco Club
6. Beth Ditto – EP
7. Foster The People – Torches
8. The Drums – Portamento
9. Peter Bjorn And John – Gimme Some
10. Le Corps Mince De Françoise – Love & Nature